Note d'information de l'ESA
Nº 11-98, Paris, le 9 avril 1998   [ English Version | Deutsche Version ]

ISO a achevé sa mission d'observation de l'univers dans l'infrarouge

ISO, l'observatoire spatial dans l'infrarouge de l'ESA, a achevé sa phase d'observations, dépassant largement la date d'expiration prévue pour sa mission, à savoir mai 1997. Les astronomes ont pu utiliser ISO pendant plus de 28 mois au lieu des 18 mois requis et ont ainsi pu recueillir de nombreuses informations supplémentaires sur l'univers. Au total, ISO a réalisé plus de 26 000 observations d'objets célestes.

Le 8 avril 1998 à 7 heures, les ingénieurs de la station sol de l'ESA de Villafranca, près de Madrid, ont annoncé que le télescope et les instruments d'ISO commençaient à présenter un échauffement supérieur à leur température normale de fonctionnement, proche du zéro absolu, signe qu'ISO avait épuisé les réserves d'hélium suprafluide servant à maintenir les très basses températures nécessaires aux observations astronomiques dans l'infrarouge.

Les observations se sont interrompues à 23 heures 07 lorsque la température des instruments a dépassé ­269° C. ISO était alors en train d'observer la galaxie NGC 1808 au moyen de l'ISOCAM pour le compte du Professeur J.Hough (GB). Les astronomes ont passé le relais aux ingénieurs pour les ultimes vérifications et la mise hors service. Le satellite sera définitivement arrêté dans environ 28 jours.

Le rayonnement infrarouge provient des régions froides du ciel, et ISO aurait été aveuglé par sa propre chaleur si ses systèmes optiques n'avaient pas été maintenus à une température extrêmement basse. Lors de son lancement, en novembre 1995, ISO transportait une réserve de 2000 litres d'hélium suprafluide entrant en ébullition à -271°C. Une lente dispersion de cet hélium dans l'espace a permis de maintenir les basses températures nécessaires au système optique.

Plusieurs facteurs ont contribué à prolonger la vie d'ISO. Les ingénieurs ont tout d'abord prévu une marge de sécurité dans leurs estimations d'utilisation de l'hélium, ce qui a permis de gagner trois mois. Le satellite à ensuite bénéficié de circonstances favorables au cours de la campagne de lancement organisée à Kourou, en Guyane française, ce qui a encore prolongé son existence de deux mois : Les responsables d'ISO ont en effet saisi l'occasion d'un contrôle technique du lanceur Ariane 44P pour faire le plein des réservoirs d'hélium d'ISO et le lancement qui a suivi peu de temps après a évité que les éléments externes du système cryogénique ne se réchauffent sous le climat tropical de Kourou.

Enfin, les pertes quotidiennes d'hélium se sont avérées inférieures de 17% à ce qui était prévu, se situant à la limite inférieure de la fourchette établie par les ingénieurs. On a ainsi pu prolonger de quelque cinq mois la durée de vie utile de l'observatoire.

La date d'épuisement des réserves d'hélium n'a pu être prévue avec exactitude et les ingénieurs, comme les astronomes, sont demeurés en alerte pendant plusieurs semaines. L'important bénéfice que les astronomes ont retiré de la longévité d'ISO n'est pas le seul sujet de satisfaction procuré par ce satellite dont la réalisation et le fonctionnement ont été exemplaires. La précision de pointage de son télescope embarqué s'est révélée dix fois supérieure aux spécifications, et son instabilité cinq fois moins importante que ce qui était considéré comme tolérable. Une station sol américaine a apporté son soutien à la station ESA de Villafranca, permettant d'allonger quotidiennement les activités entreprises, de manière régulière et cohérente. ISO a utilisé 90-95 % du temps disponible à observer les objectifs célestes qui lui ont été assignés.

Entre deux observations planifiées, et pendant qu'ISO passait d'un objectif à un autre, un programme d'observation aléatoire associé à l'instrument ISOPHOT a fouillé le ciel à la recherche d'objets froids.

Les observations d'ISO désormais terminées, les astronomes vont consacrer les prochaines années à en analyser les résultats, avec l'aide d'une équipe d'experts basée à Villafranca et en d'autres sites dans le monde jusqu'en 2001.

Le Directeur des programmes scientifiques de l'ESA, M. Roger Bonnet, a ainsi commenté la fin de la phase d'observation d'ISO :

« Nous avons toujours su que les réserves d'hélium d'ISO s'épuiseraient un jour, et nous devons nous féliciter qu'elles aient durées si longtemps. Il convient aujourd'hui de célébrer cet épilogue et non de s'attrister. Je tiens à féliciter les équipes de VILSPA, de l'ESTEC et de l'ESOC qui ont exploité le satellite de manière si efficace, ainsi que l'industrie européenne qui a permis de réaliser une mission d'une telle qualité. Je souhaite que les astronomes européens, ainsi que leurs collègues des Etats-Unis et du Japon, puissent désormais exploiter pleinement les images acquises par ISO. »

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ESA, Division de la communication     Martin Kessler
Tél. : +33 (0) 1 53 69 71 55          Responsable scientifique du projet ISO
Fax :  +33 (0) 1 53 69 76 90          Tél. : + 34 (9) 1813 1253
                                      e-mail: mkessler@iso.vilspa.esa.es